01/10/2014 – Du sursis !

Mercredi 1er octobre, près de deux semaines que nous sommes à Tarija, nous décidons de nous occuper du renouvellement du permis en Bolivie pour la voiture. Nous avons déjà renouvelé notre visa touriste à la migration, en cinq minutes nous obtenions un tampon d’une validité de trente jours supplémentaires sur nos passeports.

Nous allons à la douane pour faire la demande mais la minette qui s’occupe de nous nous dit que c’est impossible : que sauf pour problèmes mécaniques nécessitant une réparation importante, la douane n’accorde pas de prorogation de permis touristique pour les véhicules.
Elle nous conseille d’aller à la frontière, de passer en Argentine et de revenir pour obtenir un nouveau permis. Comme nous ne voulons pas éveiller les soupçons sur notre “légalité totale” nous n’osons pas dire que nous ne pourrons pas entrer en Argentine car nous attendons l’autorisation du propriétaire par courrier. Strictement légalement sans cette autorisation la voiture n’aurait jamais du pouvoir entrer sur le territoire…

Nous avons donc jusqu’à dimanche pour sortir de Bolivie et très peu d’espoir que le courrier arrive avant cette date.
Nous commençons à cogiter sérieusement… Peut-être pouvons nous aller à la frontière, sortir avec la voiture de Bolivie, faire nos entrées en Argentine sans entrer la voiture et revenir en Bolivie… Mais si la Bolivie nous refuse le droit d’entrer la voiture – pour les même raisons que l’Argentine (cf. 02/09/2014 – Enfermé dehors) ? D’un autre coté, nous avons passé pas mal de frontière avec le pauvre petit papier de cession que nous avons, peut-être que cette fois-ci nous entrerions en Argentine sans problème…

Jeudi matin Belén va faire un tour au consulat d’Argentine de Tarija histoire d’expliquer notre cas et de voir ce qui pourrait être fait. Ce n’est ni par hasard, ni une tentative désespérée de trouver du soutien : l’autorisation qu’Aymeric nous envoie a été légalisée par l’ambassade argentine et, de plus, a été envoyée par courrier au consulat à Tarija.
Le consul adjoint la reçoit et nous conseille de faire une lettre de demande de prorogation expliquant le motif de cette demande : nous attendons un document officiel à destination du consulat sans lequel nous ne pourrons entrer en Argentine. De plus, il lui dit de repasser au consulat après avoir déposé la demande et qu’il appellera la douane pour voir s’il peut “influencer” un peu la décision. Plutôt cool le mec !
Nous nous exécutons et revenons à la douane à 14h30, à l’ouverture du bureau, avec tous nos documents et photocopies.

Cette fois notre demande passe le premier mur – la jeune femme d’hier – et nous déposons le dossier au secrétariat. Ce ne sera pas long pour qu’une douanière plus qualifiée nous reçoive pour, tout simplement, nous refuser la demande en nous expliquant que les seuls cas possibles de prorogation sont pour cause de gros problème mécanique ou de vol du véhicule (dans ce cas là on se demande bien pourquoi on veut une prorogation…).
Elle nous conseille d’aller soit à la frontière pour sortir-entrer, soit à Bermejo (la dernière ville avant la frontière) pour voir si la douane de là-bas peut nous faire le document dont nous avons besoin, sans trop savoir si c’est possible…
Super aimable la dame mais bon, on retombe sur le même problème… On est dans la merde quoi !

Là c’est vraiment notre dernière tentative désespérée avant de nous lancer sur la route à l’assaut de la frontière sans avoir tous nos papiers bien en règle… Nous retournons au consulat pour annoncer le verdict de la douane au consul et lui dire de nous renvoyer la lettre à Buenos Aires quand elle arrivera ici.
Je suis garé en face de la porte du consulat depuis une dizaine de minutes et Belén ne sort pas… Bizarre. Puis lorsqu’elle revient, notre dernière lueur d’espoir se ravive.

Le consul a vérifié avec elle les lois boliviennes et selon les règles de la douane, le bureau de Tarija peut nous faire la prorogation. C’est écrit noir sur blanc, c’est clair. Il appelle même la douane nationale qui nous confirme l’info et nous dit d’aller voir directement le chef du bureau de Tarija. Il ajoute que si ils ne veulent pas accéder à notre demande il nous y accompagnera demain matin. Vraiment cool le mec !

Pour la troisième fois en deux jours nous retournons à la douane…
Cette fois ci nous demandons à être reçus par le chef du bureau. Nous lui expliquons la situation. Lui fait des calculs de dates, de durées en dessinant un schéma incompréhensible tout en nous disant “OK il doit bien y avoir des motifs valables pour demander une prorogation… Problème mécanique OK, problèmes de santé? Je suppose aussi, non? On va voir ça…”. Bref le mec ne connait pas plus que ça les lois !

Il appelle la dame qui nous a refusé la demande en début d’après-midi et lui demande avec autorité pourquoi elle a refusé… Là je commence à me sentir misérable. Etre passé au-dessus de son autorité et la voir venir accourant auprès de son chef me rend nerveux, je me sent vraiment mal. D’un autre coté ce n’est pas de bon cœur, nous sommes d’après nous dans notre droit et de toute façon nous n’avons pas le choix. L’idée de camper sur le pont international entre la Bolivie et l’Argentine en attendant notre courrier n’est pas une image très attirante…
La douanière justifie son refus. Belén, déjà prête psychologiquement pour la bataille, la contredit en lui citant la loi. L’employée, par excès de zèle – et pour prouver son professionnalisme en face du chef – va imprimer les lois concernant notre problème puis elle revient et se met à tout lire, sûre d’elle, à voix haute.

Effectivement il y a deux paragraphes concernant des cas d’extension pour cause de panne ou de vol mais sinon les bureaux de douanes sont autorisés à faire des prorogations aussi longtemps que la migration prolonge le visa de tourisme. Et voilà !
Il aura quand même fallut – nous, étrangers – faire lire les lois de leur propre pays à des douaniers pour qu’ils veuillent bien faire leur boulot…
Il est aussi écrit dans la loi que si le conducteur n’est pas le propriétaire du véhicule il doit avoir une autorisation légalisée par le consulat bolivien… Nous avons le papier de cession en français et la copie scannée de l’autorisation qu’Aymeric nous a fait légalisée par le consulat argentin, pas bolivien. Mais au final, la douanière – qui redevient en charge de notre dossier – sans rancune malgré la petite humiliation qu’elle vient de subir devant son chef, nous laissera passer ce petit détail.
Elle nous donne rendez-vous vendredi matin pour venir retirer le document et présenter la voiture pour contrôle (plaques et numéro de châssis).

Donc ce matin, 9h30, nous sommes allés de nouveau à la douane, nous avons attendu patiemment, nous avons montré la voiture à la douanière – qui malgré l’histoire est vraiment très aimable – et nous sommes repartis avec le papier tant espéré !!!
A force d’insistance, de patience, de pression, de doutes et de l’aide d’un consul adjoint : on a réussi !
Nous avons une prorogation jusqu’au 5 novembre, ce qui est largement assez (je l’espère) pour que le courrier arrive et enfin pouvoir entrer en Argentine tranquillement.
Belén est passée offrir un paquet de chocolats et annoncer la bonne nouvelle au consulat, tout le monde était bien content et soulagé pour nous !

Si le courrier n’arrive pas dans la semaine qui arrive nous aurons l’opportunité de vivre les élections présidentielles boliviennes.
Les boliviens voteront dimanche 12 octobre et on sent que la date approche : entre les défilés de partis et les camionnettes passant les slogans électoraux (enfin plutôt des chansons latines – traditionnelles ou pas – remixées à la sauce élections) à fond dans les rues, on ne peut pas ignorer qu’il y a des élections bientôt.
Si il y a nécessité d’un deuxième tour, celui-ci sera en décembre.
Notez bien : “si il y a nécessité” car vu d’ici, Evo Morales le président actuel, est presque déjà élu. Pas pour une quelconque tricherie, non ! Seulement pour son énorme popularité.

P1090495
La campagne électorale au summum

Tony
Tarija, Tarija, Bolivia

Anuncios

Deja un comentario - Laissez un commentaire

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión /  Cambiar )

Google+ photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google+. Cerrar sesión /  Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión /  Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión /  Cambiar )

Conectando a %s