10/02/2013 – La transition

Dimanche 10 février nous franchissons donc la frontière entre le Pérou et l’Equateur.
Le coté péruvien, pas de problèmes.
Nous faisons les papiers de migration coté équatorien, pas de problèmes non plus, ils nous donnent 90 jours à tous les deux.
Maintenant le plus stressant – comme toujours – l’entrée de la voiture en Equateur…
Ici la douane est sur la route à quelques kilomètres de la frontière proprement dite. Nous arrivons au poste de contrôle.

Je passe volontairement un certain épisode qu’il n’est pas bon de raconter publiquement… Ceci est en rapport avec le fait d’avoir écouter un nord-américain (Etats-Unis pour ceux qui n’auraient pas compris…) rencontré au camping de Zorritos avant de franchir la frontière. Qu’il soit voyageur ou pas, la leçon est claire pour nous : ne plus JAMAIS écouter un américain en ce qui concerne un pays étranger.
Pour étoffer un peu cette histoire – qui n’en est pas une – voici une des phrases dont je me souviens de la discussion avec cette personne (qui, tout de même, était père de famille) : “En Equateur, si vous avez un accident de voiture, laissez la voiture et partez en courant, cachez-vous en quittez le pays ! Avant de savoir ce qu’il s’est passé vous irez en prison et après on verra qui est coupable et qui ne l’est pas. Assurance ou pas !”.

Bref, nous sommes au poste douanier pour obtenir le permis de circuler avec la 205.
Le douanier, très pointilleux, me fait remarquer que mon nom ne figure pas sur la carte grise. Je lui montre le papier que nous avions fait avec Aymeric : la déclaration de cession. Très bien, pas de problèmes.
Maintenant, nous n’avons pas d’assurance valable en Equateur, nous ne pouvons pas passer. Il nous informe que nous pourrons en acheter une à Huaquillas, la ville voisine du coté “zone franche” où nous pouvons encore circuler. Il nous précise qu’aujourd’hui, dimanche, long weekend de carnaval, presque tout est fermé et qu’il ne vaut mieux ne pas s’éterniser à Huaquillas car – comme beaucoup de villes-frontières – la délinquance et les problèmes liés au trafic et à la contrebande vont bon train par ici… Rassurant !

Nous allons à Huaquillas, nous cherchons un peu et après toute attente nous trouvons un endroit où acheter le SOAT (assurance auto obligatoire)… Un cyber café ! Huit dollars pour trois mois ! Parfait ! Nous retournons à la douane, le douanier est content, tout est en règle, nous obtenons le papier, nous partons vers le nord.

Ce qui nous frappe c’est le changement radical dans l’air et dans le paysage : de l’autre coté de la frontière il y avait peu de végétation, les couleurs dominantes étaient le jaune, le gris, marques de la sécheresse qui touche la côte péruvienne (toujours à cause du courant de Humboldt qui, même si ses effets s’atténuent dans le nord, laisse des traces) ; d’un coup tout est devenu vert ! Ici les champs de bananiers et de cannes à sucre s’étalent de part et d’autre de la route. Bizarrement ça en devient presque étouffant.

Arrivée à Machala, la première ville après quelques heures de route. Il fait nuit, nous cherchons un hôtel, nous nous perdons, je ne suis pas très attentif à la route mais plutôt à trouver un endroit pour dormir… Une sirène retentit derrière nous, je comprends qu’il faut que je m’arrête. C’est la Police, je viens de griller la priorité à la police… Bon, j’étais sur une grande avenue et eux venait d’une petite rue secondaire mais d’après eux ils avaient la priorité. “Ah bon, d’accord, je ne savais pas”, “Allez c’est bon mais faites attention”, “Merci, Chau !”. Bon, maintenant Bel tu cherches, moi je regarde un peu plus la route !

Bref, une nuit à Machala, ville qui n’a vraiment rien de passionnant puis nous poursuivons la route vers le nord.

Nous arrivons dans la province de Guayas et décidons de nous arrêter dans la petite ville de Puerto Inca pour aller visiter le Parc National Manglares Churute demain.
La ville de Puerto inca n’a vraiment rien de spécial, on sent que les gens ici ne sont que de passage, mais nous trouvons le petit hôtel de Yor et nous nous installons.

Yor est vraiment très sympathique, il nous présente à ses deux fils et nous discutons tous les cinq autour d’un guarapo – jus de canne à sucre – fraîchement pressé. Il nous fait un rapide briefing de la situation et, comme les élections présidentielles arrivent très prochainement, il nous dépeint Rafael Correa comme étant un bon président qui fait beaucoup de choses pour son pays – même si il nous confie que personnellement il ne votera pas pour lui pour la réélection.

Nous sommes dans une région bananière et cacaotière. Il faut savoir que l’Equateur est un des plus importants exportateurs de bananes au monde et qu’avant le boom du pétrole dans le pays, la banane était la source de revenus la plus importante du pays.

Une des premières choses qui s’impose ici c’est la chaleur et l’humidité, c’est impressionnant ! Cette moiteur nous enveloppe et l’impression d’étouffement, qui par endroits sur la côte péruvienne était matérialisée par l’air sec et la poussière, prend ici la forme d’une odeur de cacao brûlé et une teinte verte vertigineuse.
Voilà, là nous sommes vraiment en Equateur et bizarrement, même si on a tendance à dire qu’une frontière est souvent aléatoire et que rien ne change radicalement d’un coté ou de l’autre, ici le climat est vraiment différent : tropical (équatorial ?!), lourd et chargé d’arômes sucrés…

01---mapa-ecuador-puerto-inca

Tony
Puerto Inca, Guayas, Ecuador

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