03/11/2012 – Huarmey ou l’univers des moto-taxis : notre nouveau foyer

Ce samedi 3 novembre nous montons de 300 kilomètres sur la côte. Nous arrivons à Huarmey dans la soirée et nous nous rendons à l’hostel Jaime Crazy où il est prévu que nous fassions du volontariat quelque temps en échange du logement. Nous avions entendu parlé de ce lieu par un autre contact de volontariat au Chili et Lorenzo – le français de couch surfing avec qui nous avons sympathisé à Cusco – nous avait recommandé l’endroit, il avait passé deux mois ici. Donc nous avions décidé d’aller voir…

Ana nous accueille puis nous faisons la connaissance d’Eusebio, son mari. Le propriétaire vit au Chili, c’est Ana et Eusebio qui s’occupent de l’hostel en plus de leur travail respectif. Elle a 60 ans et est infirmière à l’hôpital de Huarmey, lui a 70 ans et donne des consultations de planning familial dans son petit bureau de l’hostel et réalise des actes médicaux pour les gens du pueblo (injections…). Les deux sont très gentils, accueillants et bien marrants : Ana plane un peu tout le temps alors qu’Eusebio, un peu timide au début, n’arrête pas de faire des blagues une fois qu’il nous connait mieux. Ils ont une maison à coté – dans laquelle vit le père d’Ana – mais ils disposent de l’hostel (cuisine, eau, électricité…) et en échange ils s’en occupent (c’est une affaire de famille, du coté d’Eusebio).

Ana nous explique un peu les règles de la maison, nous avons une chambre gratuite (et accès à toutes les commodités : cuisine, wifi, télé, billard…) en échange de quatre heures de travail par jour. Le travail est varié : réceptionner les clients (mais pour le moment il n’y a personne), laver, aider aux diverses tâches et enseigner l’anglais à des enfants du pueblo et leur organiser des activités. Le contrat nous semble correct mais, pour commencer, ce dimanche nous allons découvrir un peu les alentours…
Nous allons à la plage de Tuquillo, pas mal à part les petites constructions en béton en bord de mer. L’eau est très froide, toujours à cause du courant de Humboldt qui remonte de l’Antarctique sur la côte chilienne et quasiment toute la côte péruvienne. Le coin est très sec, plutôt désertique, comme toute la côte jusqu’à maintenant. Ceci est également du au courant de Humboldt qui crée un microclimat qui empêche l’apparition de la pluie.

Nous espérons que tout va bien se passer et que nous pourrons rester un moment. Belén doit rendre un travail pour l’université en décembre (si elle ne le rend pas elle devra retourner à la fac pour un séminaire de 4 mois, ce serait con), il lui reste un peu plus d’un mois, elle veut donc profiter d’être posée au calme (et d’avoir internet) pour bosser dessus. A part le travail dans l’hostel elle aura du temps car il n’y a pas énormément de choses à voir dans la région.

Lundi nous commençons à travailler : pour moi démontage de lits superposés au rez-de-chaussée pour les monter au premier étage, ménage pour Bel puis cours d’anglais pour dix enfants de sept à dix ans (plus une petite de trois ans et une sourde-muette…). Après la classe nous allons tous au parc (jeux pour les enfants et terrain de foot en béton) en face de l’hostel, Bel à discuter et jouer avec les filles et moi à jouer au foot avec les chicos.
La première rencontre avec les petits s’est vraiment bien passée, ils sont super contents de nous avoir (les cours sont donnés seulement par les volontaires qui passent dans l’hostel donc quand il n’y a pas de volontaires il n’y a pas de cours). Les classes d’anglais (en général suivies d’un foot) font partie des meilleurs moments que nous passons ici et permet à Belén de s’amuser dans les périodes où elle travaille beaucoup (à la fois pour l’hostel, pour l’université et toujours pour son boulot par internet). Les volontaires qui nous ont précédé ont laissé des notes concernant ce qu’ils avaient enseigné aux enfants pour les suivants mais, à part quelques-uns, nos élèves sont des nouveaux avec qui il faut commencer de zéro. Pour le futur nous séparerons les élèves en deux groupes : le niveau débutant avec moi et le niveau plus avancé avec Bel. Nous donnons deux cours d’une heure par semaine (une heure c’est suffisant, après ils ne prêtent plus attention), le lundi et le mercredi.
Il est aussi prévu de donner des cours dans un autre quartier de Huarmey deux fois par semaine mais les élèves sont beaucoup moins fidèles et au bout d’un moment le projet est abandonné car il est courant qu’il n’y ait aucun élève.

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La classe d’anglais dans le patio de l’hostel

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Le groupe de la prof Belén

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Après les cours, le gang des filles

Mercredi, après quatre jours ici, nous partons en vadrouille avec notre guide Ana. Elle nous emmène faire du sandboard (comme du snowboard mais sur sable) sur les immenses dunes de sable de Manchan puis nous allons visiter les ruines pré-incas de Sechín (nous voyons, dans le petit musée attenant, une momie de plus de 3000 ans).

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La belle chemise d’Eusebio – derrière ce n’est pas sa voiture mais sa moto-taxi avec carrosserie rigide et boite de vitesses : le top des moto-taxis !

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Ana la reine du sandboard !

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Youhou !!!

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Pas si facile que ça : ça glisse pas autant que la neige

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Une des statues qui ornaient la façade du temple cérémoniel de Sechín

Nous nous habituons à vivre à Huarmey, c’est un pueblo tranquille avec un port de pêche et quelques plages aux alentours. Il y fait beau tous les jours, une température parfaite : jamais froid mais pas assez chaud pour transpirer sans rien faire…
Ici ce n’est vraiment pas touristique (les seuls étrangers que nous voyons sont ceux qui passent dans notre hostel, la plupart volontaires) donc les gens sont très aimables et très contents de voir des étrangers. De plus les prix ne sont pas “gonflés” pour le tourisme donc la nourriture n’est pas chère et nos sorties régulières au marché sont assez intéressantes.
Ouvert tous les jours, assez grand et bien fourni, nous y trouvons tout ce dont nous avons besoin pour cuisiner, frais et barato (pas cher). Tous les matins les cargaisons de poissons ramenées de la pêche du jour (ou de la nuit) arrivent sur les étales du marché, nous en profitons pour acheter des mulets ou des maquereaux (le moins cher : en général 6 soles le kilo – 1,90€) pour faire “a la parilla” (au barbecue) ou au four de temps en temps.
Avoir une cuisine est un pur bonheur, chaque jour un plat différent et nous dépensons au final très peu en nourriture.

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Aujourd’hui maquereaux à la parilla

Le mode de transport le plus commun ici ce n’est pas la voiture, ni la moto, ni le vélo… C’est la moto-taxi. Des motos “armées” de trois roues et d’une cabine en toile offrant trois places assises. Les rues en sont remplies, il y en a tellement qu’on se demande comment ils arrivent à vivre tous de ça, surtout dans ce pueblo qui n’est pas si grand que ça. Après quelque temps au Pérou nous nous rendrons compte que c’est un indicateur du niveau de richesse des villes : plus les gens vivent modestement, moins il y a de voitures, plus il y a de moto-taxis.

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Moto-taxi : le classique Batman accompagné de sa petite phrase religieuse ou de sa petite morale

Un jour nous regardons un épisode des Nouveaux Explorateurs (reportages de voyages de Canal+) que j’ai sur un disque dur, celui sur le Pérou, plus particulièrement la pêche sur les côtes péruviennes. Premier endroit où se rend le reporter… Huarmey ! J’étais loin de me douter que ce reportage que j’avais vu il y a quelques années se déroulait là où je vis en ce moment (surtout qu’ici ce n’est pas un endroit qui se distingue beaucoup : ce n’est pas connu, il n’y a pas vraiment de spécialité locale, pas de ruines fameuses…). Dans cet épisode le reporter allait à la rencontre de pêcheurs un peu spéciaux, qui risquent leur vie pour aller ramasser des coquillages en bas de falaises d’une centaine de mètres (qu’ils descendent avec une corde sans aucune sécurité, à la force des bras et qu’ils remontent de la même manière) en sautant de rochers en rochers, évitant les vagues qui peuvent les emmener ou les fracasser contre les rochers. Tout ça pour gagner quelques soles en vendant les coquillages aux cevicherias (restaurants qui proposent le ceviche) du pueblo.
Le hasard…

Au niveau de nos activités, moi j’ai commencé à poser du carrelage dans le couloir du premier étage. J’ai vu un tas de carrelage et j’ai demandé à Eusebio si je pouvais le poser, il a été surpris que je sache faire ça mais pas de problème. Bon, je n’ai pas vraiment d’expérience mais j’ai des souvenirs (les travaux avec mon père et mon grand-père) et ça n’a pas l’air compliqué…
Pendant ce temps Bel fait des panneaux pour afficher dans l’hostel (la clé wifi, le check-out, quelques règles…) et gère le coté promotion de l’hostel et du programme de volontariat sur internet (facebook, trip advisor, forums de voyageurs…) tout en travaillant sur son devoir pour l’université.
Nous continuons également les cours d’anglais suivis de la sortie habituelle : Belén avec son gang de filles et moi je joue au foot avec les chicos. Ils sont petits (maximum dix ans) mais il y en a un ou deux qui jouent plutôt bien.

Un couple d’allemands arrive à l’hostel le samedi 10 novembre, des gros cons ! Un mec, la trentaine, avec sa copine de 45 ans qui parle pas un mot d’espagnol (ils se sont rencontrés sur internet, elle est venue pour le rencontrer…). Ils sont vraiment pas sociables, ils parlent à personne ou sinon c’est pour critiquer. Il vient pour devenir le manager de l’hostel mais il essaye même pas de parler avec Ana et Eusebio qui vivent ici, il les ignore… Nous on part quand on veut mais on va peut-être abréger parce qu’il plane une sale ambiance avec eux et que lui risque d’être embauché pour le poste de manager et devenir notre chef. Sinon avec Eusebio et Ana on s’entend très bien, c’est dommage…

A part ça, très peu de clients dans l’hostel, deux filles du Canada sont venues deux jours, buena onda.
Dan, un volontaire des Etats-Unis se pointe sans prévenir le mercredi 14 novembre, il était déjà venu bosser ici il y a quelques mois. Il est un peu bizarre, très discret, il ne parle pas trop, on verra…

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Tony
Huarmey, Ancash, Peru

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