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Bienvenidos – Bienvenus

Bienvenidos !

Hicimos este blog  para compartir nuestro viaje con todos (de cada lado del Atlántico), por eso es bilingüe !
Las entradas de Belén están escritas en español y las de Tony en francés. Pueden elegir el idioma y el autor en la sección “Categorías e idiomas” en la parte derecha.

Estamos armando el blog así que todavía no está al día. Estamos trabajando en eso…

Dejen comentarios !

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Bienvenus !

Comme nous et afin de partager notre voyage avec vous tous (d’un coté ou de l’autre de l’Atlantique), ce blog est bilingue !
Les récits de Belén sont en espagnol et ceux de Tony en français. Vous pouvez choisir la langue et l’auteur dans la section “Catégories et langues” dans la partie de droite.

Le blog est toujours en construction c’est pourquoi il n’est pas à jour. Nous y travaillons…

N’hésitez pas à laisser vos commentaires !

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20/10/2014 – La délivrance

Ce matin Belén est allée voir à la poste pour essayer d’avoir des infos…
Pendant ce temps j’envoie un mail à mon filleul : Feliz Cumple Yael ! Quatre ans déjà ! J’aurais du être avec lui pour fêter ça mais on sait tous ce qui nous en a empêché…

Bel revient toute contente : surprise ! Elle a la lettre tant espérée dans la main !!

En fait, l’employé chargé du suivi a vu qu’elle était depuis un moment en Bolivie. Il a alors redirigé Bel vers une dame qui vérifie dans les courriers arrivés récemment : la carte est arrivée à Tarija le 15 octobre ! Il y a cinq jours et l’info n’avait jamais été donnée à Belén lors de ses visites régulières au bureau de poste…
La dame se met alors à chercher notre courrier mais, encore un peu de stress : il n’est pas là et aucun facteur ne l’a pris en charge (ils doivent signer quand il prennent une lettre à leur charge) !
Bel décide d’aller voir tout de même au consulat et Bingo ! Un facteur (qui n’avait donc pas signé le registre…) vient de la déposer.

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Plus d’un mois d’attente : tout ça pour un pauvre papier…

Voilà donc aujourd’hui Belén va aller faire l’aide aux devoirs à la fondation pour la dernière fois, dire au revoir à ses camarades.
On va voir si le consul adjoint – qui nous a soutenu dans notre galère – est disponible pour aller dîner avec nous.
On doit aussi acheter une assurance auto pour l’Argentine, faire recharger l’extincteur (ils sont très tatillons envers ça en Argentine) et demain c’est le départ ! La frontière est à trois ou quatre heures d’ici.

Argentina nous voilà !
Et j’ajouterai par la même occasion : France nous voilà !!!

Tony
Tarija, Tarija, Bolivia

19/10/2014 – Toujours pas !

Deux semaines plus tard, toujours pas de nouvelles de notre courrier salvateur…

En attendant la vie continue à Tarija.

Belén continue à vaquer à ses occupation quotidiennes entre l’aide aux devoirs à la fondation et la salle de sport voisine mais elle commence à trouver le temps long.
Elle a donc ajouté à son emploi du temps depuis quelques jours, un détour par la poste de Tarija pour tenter d’avoir des nouvelles de notre courrier tant attendu. Demain lundi elle doit y retourner pour parler avec un employé qui, parait-il, pourrait avoir des informations sur le suivi du pli et – on espère – accélérer les choses…

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Atelier pâtisserie à la fondation – avec la prof Victoria, une autre volontaire française

Moi je bosse toujours. Le projet que j’attendais a été validé et j’avance bien. D’ailleurs ça tombe bien car l’autre projet sur lequel j’étais est en pause momentanément.
Donc je continue à profiter du fait d’être “bloqué” ici pour avancer dans l’ombre – financièrement – vers notre futur voyage en France.

Samedi 4 octobre nous allons au festival de la Virgen de Guadalupe dans le pueblo d’Entre Rios à une centaine de kilomètres d’ici.
Nous y allons avec Carlos, le petit jeune de la réception de l’hôtel qui est de là-bas et qui nous a demandé de l’emmener avec nous. Toute sa famille vit là-bas et lui est là pour ses études. Il partage son temps à Tarija entre l’université le matin et la réception de l’hôtel à la sortie des cours. Le pauvre travaille tous les jours, il a bien trois semaines de congés dans l’année mais sinon pas un jour de libre : travail du lundi au dimanche !
Petit festival bien cool, beaucoup de monde ! Niveau artistes (plus ou moins locaux, plus ou moins connus) c’est le Chaqueño Palavecino que tout le monde attend ! La cerise sur le gâteau ! Un des grands – sinon le plus grand en vie aujourd’hui – du folklore argentin est là et jouera presque deux heures ! Moi j’ai commencé à écouter le Chaqueño pendant mes heures à poser du carrelage à Huarmey fin 2012 (cf. Huarmey).
Chacareras, Cuecas, Zambas…
De retour à Tarija à 5h du mat ! Carlito commençait à bosser à 8h à l’hôtel.

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Essssa !!! Vamos Chaqueño !

 Entrée en scène avec une petite Cueca

 La Sin Corazón (Chacarera)

 Distinta

Jeudi 9 nous allons à l’observatoire astronomique de Tarija.
Tout d’abord une petite séance au Planetarium où ils projettent, grâce à une machine de fou à un demi million de dollars – donnée par le Japon, l’image du ciel du jour (ou plutôt de la nuit) sur le plafond en dôme et ils montrent les constellations qui passent au fil des heures.
Puis visite d’un des six télescopes de l’observatoire grâce auquel on peut voir la lune de très près. Il y a pas mal de monde car c’est la semaine internationale de l’espace, l’entrée est gratuite et des écoles y emmènent les enfants.

Vendredi matin, à 5h il y a une éclipse totale de lune. Pas besoin de préciser qu’on ne s’est pas réveillés…

Vendredi nous sommes invités par les volontaires de la fondation pour une petite soirée. Une bonne occasion de discuter entre boliviens, français, allemands et belges.

Evo Morales est réélu – comme prévu – ce dimanche 12 octobre.
Un jour très bizarre : pas une voiture dans la ville, presque aucun adulte. Les enfants ont envahi les rues en vélo, en rollers… Nous voyons même un mec faire du karting sur une grande avenue.
Une semaine après je ne suis toujours pas sûr que les bulletins ont tous été comptés mais les résultats sont sans équivoque : plus de 60% pour Evo, 24% pour le second des cinq candidats…

Une dizaine de jours plus tard le président inaugurait une nouvelle plateforme pétrolière dans le département de Cochabamba. C’est la première de l’histoire que la Bolivie a pu payer par ses propres moyens. Ici donc pas question de louer les installations ou d’acheter l’énergie produite dans le pays à des entreprises étrangères.
Cela va dans le sens du projet d’Evo de faire de la Bolivie un pole important de production d’énergie, notamment afin d’être plus indépendant de ce côté là. Et il faut dire qu’il y a de quoi faire en Bolivie : pétrole, gaz et lithium (qui sert à la fabrication de batteries et de piles) en abondance.

Toute politique a son coté noir : dans la foulée le président a exprimé sa vision des choses au dirigeant de YPFB (l’entreprise nationale de pétrole). En direct devant la presse, il n’a pas hésité à affirmer que YPFB devait “foncer” sur le projet de plateforme dans le Parc National Isiboro Sécure (Tipnis), que la légalité du projet ne devait pas poser de problèmes. Qu’ils foncent et qu’on s’arrangerait avec le coté légal après…
Comme quoi il ne faut pas se voiler la face. Quand l’intérêt économique devient trop grand par rapport aux intérêts des peuples indigènes même Evo, pourtant “d’origine indigène” et censé défendre leurs droits, se pose en ennemi de la cause. Lorsqu’il n’envoie pas l’armée “régler” le problème…

Pour en savoir plus, voici un article intéressant sur l’ex et nouveau président bolivien : Bolivie : Evo Morales ne connaît pas la crise
Merci Simon pour ton appui.

Cette semaine nous allons visiter le petit village voisin de San Lorenzo. Plus qu’une visite, plutôt l’occasion de sortir de la ville pour aller manger quelques empanadas et boire quelques matés sur la petite place du village tranquille.

Aujourd’hui, le ciel est menaçant, comme tous les dimanches nous allons manger quelque chose sur le bord de rio Guadalquivir. Bien sûr, après manger, la (désormais) tradition du dimanche : Api et Pastel ! J’ai réduit ma consommation depuis Tupiza et Camargo…
Cette fois-ci nous rentrons en taxi car il s’est mis à flotter.

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Comment imaginer un goûter sans ça ?!

Demain nous espérons avoir des nouvelles de la poste bolivienne.
Nous avons jusqu’au 4 novembre en Bolivie, cette fois-ci c’est un placement non renouvelable. Espérons que notre papier arrive avant sinon la situation va se compliquer de manière critique…

Tony,
Tarija, Tarija, Bolivia

01/10/2014 – Du sursis !

Mercredi 1er octobre, près de deux semaines que nous sommes à Tarija, nous décidons de nous occuper du renouvellement du permis en Bolivie pour la voiture. Nous avons déjà renouvelé notre visa touriste à la migration, en cinq minutes nous obtenions un tampon d’une validité de trente jours supplémentaires sur nos passeports.

Nous allons à la douane pour faire la demande mais la minette qui s’occupe de nous nous dit que c’est impossible : que sauf pour problèmes mécaniques nécessitant une réparation importante, la douane n’accorde pas de prorogation de permis touristique pour les véhicules.
Elle nous conseille d’aller à la frontière, de passer en Argentine et de revenir pour obtenir un nouveau permis. Comme nous ne voulons pas éveiller les soupçons sur notre “légalité totale” nous n’osons pas dire que nous ne pourrons pas entrer en Argentine car nous attendons l’autorisation du propriétaire par courrier. Strictement légalement sans cette autorisation la voiture n’aurait jamais du pouvoir entrer sur le territoire…

Nous avons donc jusqu’à dimanche pour sortir de Bolivie et très peu d’espoir que le courrier arrive avant cette date.
Nous commençons à cogiter sérieusement… Peut-être pouvons nous aller à la frontière, sortir avec la voiture de Bolivie, faire nos entrées en Argentine sans entrer la voiture et revenir en Bolivie… Mais si la Bolivie nous refuse le droit d’entrer la voiture – pour les même raisons que l’Argentine (cf. 02/09/2014 – Enfermé dehors) ? D’un autre coté, nous avons passé pas mal de frontière avec le pauvre petit papier de cession que nous avons, peut-être que cette fois-ci nous entrerions en Argentine sans problème…

Jeudi matin Belén va faire un tour au consulat d’Argentine de Tarija histoire d’expliquer notre cas et de voir ce qui pourrait être fait. Ce n’est ni par hasard, ni une tentative désespérée de trouver du soutien : l’autorisation qu’Aymeric nous envoie a été légalisée par l’ambassade argentine et, de plus, a été envoyée par courrier au consulat à Tarija.
Le consul adjoint la reçoit et nous conseille de faire une lettre de demande de prorogation expliquant le motif de cette demande : nous attendons un document officiel à destination du consulat sans lequel nous ne pourrons entrer en Argentine. De plus, il lui dit de repasser au consulat après avoir déposé la demande et qu’il appellera la douane pour voir s’il peut “influencer” un peu la décision. Plutôt cool le mec !
Nous nous exécutons et revenons à la douane à 14h30, à l’ouverture du bureau, avec tous nos documents et photocopies.

Cette fois notre demande passe le premier mur – la jeune femme d’hier – et nous déposons le dossier au secrétariat. Ce ne sera pas long pour qu’une douanière plus qualifiée nous reçoive pour, tout simplement, nous refuser la demande en nous expliquant que les seuls cas possibles de prorogation sont pour cause de gros problème mécanique ou de vol du véhicule (dans ce cas là on se demande bien pourquoi on veut une prorogation…).
Elle nous conseille d’aller soit à la frontière pour sortir-entrer, soit à Bermejo (la dernière ville avant la frontière) pour voir si la douane de là-bas peut nous faire le document dont nous avons besoin, sans trop savoir si c’est possible…
Super aimable la dame mais bon, on retombe sur le même problème… On est dans la merde quoi !

Là c’est vraiment notre dernière tentative désespérée avant de nous lancer sur la route à l’assaut de la frontière sans avoir tous nos papiers bien en règle… Nous retournons au consulat pour annoncer le verdict de la douane au consul et lui dire de nous renvoyer la lettre à Buenos Aires quand elle arrivera ici.
Je suis garé en face de la porte du consulat depuis une dizaine de minutes et Belén ne sort pas… Bizarre. Puis lorsqu’elle revient, notre dernière lueur d’espoir se ravive.

Le consul a vérifié avec elle les lois boliviennes et selon les règles de la douane, le bureau de Tarija peut nous faire la prorogation. C’est écrit noir sur blanc, c’est clair. Il appelle même la douane nationale qui nous confirme l’info et nous dit d’aller voir directement le chef du bureau de Tarija. Il ajoute que si ils ne veulent pas accéder à notre demande il nous y accompagnera demain matin. Vraiment cool le mec !

Pour la troisième fois en deux jours nous retournons à la douane…
Cette fois ci nous demandons à être reçus par le chef du bureau. Nous lui expliquons la situation. Lui fait des calculs de dates, de durées en dessinant un schéma incompréhensible tout en nous disant “OK il doit bien y avoir des motifs valables pour demander une prorogation… Problème mécanique OK, problèmes de santé? Je suppose aussi, non? On va voir ça…”. Bref le mec ne connait pas plus que ça les lois !

Il appelle la dame qui nous a refusé la demande en début d’après-midi et lui demande avec autorité pourquoi elle a refusé… Là je commence à me sentir misérable. Etre passé au-dessus de son autorité et la voir venir accourant auprès de son chef me rend nerveux, je me sent vraiment mal. D’un autre coté ce n’est pas de bon cœur, nous sommes d’après nous dans notre droit et de toute façon nous n’avons pas le choix. L’idée de camper sur le pont international entre la Bolivie et l’Argentine en attendant notre courrier n’est pas une image très attirante…
La douanière justifie son refus. Belén, déjà prête psychologiquement pour la bataille, la contredit en lui citant la loi. L’employée, par excès de zèle – et pour prouver son professionnalisme en face du chef – va imprimer les lois concernant notre problème puis elle revient et se met à tout lire, sûre d’elle, à voix haute.

Effectivement il y a deux paragraphes concernant des cas d’extension pour cause de panne ou de vol mais sinon les bureaux de douanes sont autorisés à faire des prorogations aussi longtemps que la migration prolonge le visa de tourisme. Et voilà !
Il aura quand même fallut – nous, étrangers – faire lire les lois de leur propre pays à des douaniers pour qu’ils veuillent bien faire leur boulot…
Il est aussi écrit dans la loi que si le conducteur n’est pas le propriétaire du véhicule il doit avoir une autorisation légalisée par le consulat bolivien… Nous avons le papier de cession en français et la copie scannée de l’autorisation qu’Aymeric nous a fait légalisée par le consulat argentin, pas bolivien. Mais au final, la douanière – qui redevient en charge de notre dossier – sans rancune malgré la petite humiliation qu’elle vient de subir devant son chef, nous laissera passer ce petit détail.
Elle nous donne rendez-vous vendredi matin pour venir retirer le document et présenter la voiture pour contrôle (plaques et numéro de châssis).

Donc ce matin, 9h30, nous sommes allés de nouveau à la douane, nous avons attendu patiemment, nous avons montré la voiture à la douanière – qui malgré l’histoire est vraiment très aimable – et nous sommes repartis avec le papier tant espéré !!!
A force d’insistance, de patience, de pression, de doutes et de l’aide d’un consul adjoint : on a réussi !
Nous avons une prorogation jusqu’au 5 novembre, ce qui est largement assez (je l’espère) pour que le courrier arrive et enfin pouvoir entrer en Argentine tranquillement.
Belén est passée offrir un paquet de chocolats et annoncer la bonne nouvelle au consulat, tout le monde était bien content et soulagé pour nous !

Si le courrier n’arrive pas dans la semaine qui arrive nous aurons l’opportunité de vivre les élections présidentielles boliviennes.
Les boliviens voteront dimanche 12 octobre et on sent que la date approche : entre les défilés de partis et les camionnettes passant les slogans électoraux (enfin plutôt des chansons latines – traditionnelles ou pas – remixées à la sauce élections) à fond dans les rues, on ne peut pas ignorer qu’il y a des élections bientôt.
Si il y a nécessité d’un deuxième tour, celui-ci sera en décembre.
Notez bien : “si il y a nécessité” car vu d’ici, Evo Morales le président actuel, est presque déjà élu. Pas pour une quelconque tricherie, non ! Seulement pour son énorme popularité.

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La campagne électorale au summum

Tony
Tarija, Tarija, Bolivia

18/09/2014 – Patience à Tarija…

Jeudi 18 septembre nous arrivons à Tarija après 165 kilomètres en trois petites heures de route.
Nous nous installons dans le premier hôtel que nous trouvons, par chance nous sommes tombés du premier coup sur un hôtel avec stationnement et internet.
Nous négocions le prix car nous comptons rester un moment ici : le temps qu’Aymeric reçoive l’autorisation chez lui (cf. 13/09/2014 – Camargo y el Valle de Cinti : Hermoso !), nous la renvoie et qu’elle nous parvienne… Autant dire que ça peut tarder.

Tarija est une ville de taille moyenne à presque 1900 mètres d’altitude, plutôt sympa (pour une de ces rares fois que je ne critique pas l’ambiance citadine). A vrai-dire plutôt jolie – contrairement à la majorité des villes du continent dans lesquelles nous sommes passés où le centre est beau mais que le reste c’est vraiment pas ça – et le climat y est parfait : t-shirt, claquettes tous les jours sans jamais avoir trop chaud.
En fait on dirait Salta (cf. 14/08/2012 – Salta La Linda) dont nous ne sommes plus très loin, une journée de route peut-être. D’ailleurs ce n’est pas seulement la ville mais la culture et même les gens. Ici comme là-bas on produit du vin, on boit du vin, les empanadas sont les mêmes, la musique traditionnelle locale c’est la Chacarera et la Cueca, les peñas sont ouvertes tous les vendredis soir…
Bref, vu d’ici l’Altiplano bolivien est loin derrière… Territorialement nous sommes toujours en Bolivie mais tout laisse à croire que nous sommes déjà en Argentine.

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Le mercado où on peut manger de bons plats copieux pour pas cher : bon ça va, on est encore en Bolivie…

Il y a pas mal de choses à faire ici et dans les environs, cela nous occupera le temps que nous devrons patienter.
Nous redécouvrons un peu les petits plaisirs de la ville : nous allons au ciné à plusieurs reprises dont notamment pour voir deux films de Leonardo Favio – un illustre cinéaste argentin – à l’occasion des projections gratuites proposées par le consulat d’Argentine de Tarija.

La spécialité locale, tout comme à Camargo c’est le vin et le Singani (cf. 13/09/2014 – Camargo y el Valle de Cinti : Hermoso !). Nous allons visiter les bodegas dans les alentours : la Casa Real qui produit 80% du Singani de Bolivie et Campos de Solana qui produit seulement du vin. Comme en Argentine on retrouve les fûts de chêne français servant à la maturation du vin mais ici on retrouve aussi des alambics gigantesques importés servant, en France, à la production du cognac (d’ailleurs ils sont tous marqué d’un sceau “Cognac France”).

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Au musée de paléontologie : avant il y avait des paresseux gigantesques ici !

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Les vignes et la bodega Campos de Solana

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Nous repartirons avec une petite bouteille de Malbec et franchement… Pas mal !

Nous avons pris nos marques ici.

En semaine Belén va tous les soirs au club de gym (aérobic, trampoline…) pour garder la forme malgré le régime bolivien plutôt gras – très frit – et depuis qu’elle a découvert la fondation EDIFU “Educacion y Futuro” elle va l’après-midi aider les enfants travailleurs à faire leurs devoirs.
Et oui les enfants qui travaillent c’est assez courant (pour aider le commerce familiale ou chez un patron) et même si ça peut paraître bizarre de dire ça – chacun sa réalité – pour certains il vaut mieux sinon leur famille ne pourrait pas subvenir à leurs besoins.
L’idée de la fondation : si ces enfants ont du soutien, ils ne lâchent pas l’école. La fondation fonctionne sous forme de pactes avec les familles : ils prennent en charge les enfants (il y a une garderie, l’aide aux devoirs, la cantine…) mais en échange les familles ne doivent pas faire passer le travail avant l’école pendant la semaine.
La fondation travaille avec des volontaires, principalement de France et d’Allemagne en ce moment. Ils ont chacun leur chambre dans les locaux. Ils nous ont invité à manger un chili con carne “chez eux” un soir. On était une dizaine, bonne ambiance ! Je pense que nous organiserons d’autres choses ensemble…

Moi j’ai du boulot : un projet en cours et un autre en négociation. Je profite donc de cette attente pour avancer en pensant au budget nécessaire pour aller en France (billets d’avion mais aussi coûts dus au visa de Bel : assurance, visite médicale, obtention de documents officiels…) et pour pouvoir survivre là-bas. Par contre je ne suis pas très à l’aise, je n’ai pas de bureau, de table, de chaise, ni même de hamac – mon bureau à Puerto Maldonado pendant des mois – donc je bosse depuis le lit… C’est pas top mais bon, on va pas se plaindre !

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L’aide aux devoirs

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Avec prof Sophie – une volontaire française

Qui dit vin dit peña, le vendredi soir nous allons profiter de la musique locale en live. Cela nous rappelle ces soirées passées dans le nord de l’Argentine il y a deux ans (comme le temps passe…).
Le dimanche nous allons, comme les Tarijeños qui s’échappent de la ville pour aller se détendre au bord de l’eau, au lac de San Jacinto manger quelques fritures de poisson ou au bord de la rivière de Tomatitas.

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La peña du vendredi soir

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Les barques de San Jacinto…

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Et les petits restau préparant des fritures de doraditos

Deux choses viendront bouleverser un peu la pseudo-monotonie de cette routine temporaire.

Premièrement la joie d’apprendre la naissance de la fille de mon ami Nenette, ce dimanche 28 septembre en France ! Bienvenue sur Terre Nina !!!

Puis une autre chose moins joyeuse : nous arrivons bientôt au bout du temps qui nous a été accordé en Bolivie et l’autorisation n’est toujours pas arrivée… En fait, pire que ça ! Le consulat à Paris a tellement tardé à envoyer le papier qu’Aymeric ne l’a reçu que ce vendredi – dix jours plus tard ! – et l’a renvoyé vers Tarija samedi.

Tony
Tarija, Tarija, Bolivia

13/09/2014 – Camargo y el Valle de Cinti : Hermoso !

Samedi 13 septembre nous arrivons à Camargo et nous tombons directement sur Don Benjamin, un vieux monsieur qui tient un hôtel avec sa femme Hortencia. Nous nous y installons.

Camargo est un petit village dans la vallée de Cinti, à 2400 mètres d’altitude, à mi-distance entre Potosi et Tarija.
Les derniers kilomètres de route le laissaient présager : superbe ! Le village est coincé dans cette vallée étroite, enserré entre d’impressionnantes falaises d’un ocre puissant tirant sur l’orange selon la luminosité.
Il tient son nom d’un guérillero qui a lutté dans la région entre 1814 et 1816 pour l’indépendance de la Bolivie.

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Camargo coté Sud

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Coté Nord

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Depuis la terrasse de l’hôtel : l’endroit parfait pour le maté !

Dimanche, après un déjeuner d’enfer – cochon de lait au four traditionnel – dans une cantine familiale à deux pas de l’hôtel, Benjamin nous invite à aller visiter son petit musée. Nous embarquons tous les quatre, accompagnés de sa femme, dans sa voiture et après plus de temps qu’il n’en faut (il conduit très très lentement) nous arrivons dans leur maison de campagne – à deux kilomètres du village.
Ils viennent de la faire construire et vont bientôt déménager pour être plus tranquilles. On ne dirait pas mais Benjamin a tout de même 84 ans.

Hortencia est toute contente de nous faire visiter toute la maison – qui est splendide, avec plusieurs terrasses donnant sur le rio et la berge d’en face. Malgré l’aridité apparente des lieux, tout ce qui environne le lit du rio est d’un vert tranchant avec la couleur des falaises.

Benjamin nous emmène en contrebas de la maison pour nous montrer son trésor : des années à collectionner toutes sortes d’objets locaux lui ont permis d’ouvrir ce petit musée avec pour thème central la production de vin et de Singani (liqueur typiquement bolivienne à base de vin blanc distillé) dans la vallée Cinti.
Il nous fait une brève visite au milieu des objets servant à la production locale qui a commencée avant 1584, à l’époque de la colonie. Différents types d’alambics, depuis les premiers en terre et en bois, jusqu’au modèles plus modernes en métal mais aussi d’autres objets, toujours de la région mais sans rapport avec la spécialité locale : des fossiles, des céramiques pré-incas, des objets de l’époque coloniale…

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Avec ma nouvelle copine Hortencia

Le temps est venu d’aller voir d’un peu plus près ce qui fait la richesse de la région : lundi nous allons visiter la bodega Cepas de Oro du señor Jaime Rivera. Il nous fait visiter : les cuves de vin, de singani, l’alambic lui servant à transformer 500 litres de vin blanc en singani, les vignes à proximité du rio…
Il est très fier de nous montrer une parcelle en particulier : cette vigne est une des plus anciennes qui servent toujours à la production, encore plantée comme à l’époque de la colonie – pas de tuteurs artificiels, elle pousse directement en grimpant dans les arbres jusque dans les branches. Cela protège la plante, selon la saison, de la chaleur ou de la grêle.
Jaime nous offre une petite dégustation de singani mélangé à du jus de “tumbo” – on ne saura jamais quel fruit c’est exactement…
J’achète une de ses bouteilles avec une idée derrière la tête : je sais à qui ça fera plaisir…

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Explications sur le fonctionnement d’un alambic

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Les vignes Cepas de Oro

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Le vigneron – maitre singani : Jaime Rivera

Mardi nous recevons un mail :
“C’est bon c’est légalisé mais comme le consul ne signe qu’une fois par jour il le fait en fin de journée et ils me l’envoient par courrier ici. Je te le renvoie dès que je le reçois.
C’était 60€ la légalisation.”
Ah Aymeric el Salvador ! Même à des milliers de kilomètres il y a des gens sur qui on peut toujours compter… Lui en fait partie (et pas seulement pour cette fois) !

Les jours passent tranquillement à Camargo…
Chaque après-midi je vais boire mon api ou mon tojori (une variante à base de maïs jaune) près du marché…
Belén a trouvé un professeur de guitare, Humberto, le soir ils jouent sur une terrasse de l’hôtel…
Benjamin et Hortencia sont vraiment adorables, ils nous prêtent leur cuisine pour pouvoir manger autre chose que du riz et des frites…

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La musique : créatrice de liens universelle

La vie est belle ici mais il y a juste un problème : il n’y a pas de distributeur automatique et nous commençons à être à court d’argent malgré les cent dollars que nous avons changés à la banque (et que, par chance, nous avions !).
Dommage, je serais bien resté un peu plus longtemps dans ce havre de paix au milieu de ce paysage surnaturel…

Jeudi 18 septembre nous saluons nos hôtes avec une promesse : nous repasserons un de ces jours, il parait que la saison des vendanges et de la récolte des arbres fruitiers c’est quelque chose ici…
Et puis, tout simplement, s’il faut une excuse de plus : Camargo est bien placé dans mon top 10 des plus beaux villages du voyage…

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Chau et merci pour tout !

Direction Tarija où notre si cher document devrait arriver d’ici quelque temps…

Tony
Camargo, Chuquisaca, Bolivia

06/09/2014 – Préoccupations au Far West

En ce matin du samedi 6 septembre je me réveille car on toque à la fenêtre. C’est Belén !
Après avoir bien profité des quelques jours passés avec son père – et son ami Luis – elle est de retour.

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Petit maté de retrouvailles sur la jolie place de Tupiza

En repassant par la frontière elle en a profité pour aller voir la douane, elle voulait voir le chef du chef mais il n’était pas là. Elle est tombé sur un douanier qui avait déjà entendu parler de notre histoire (on est bien grillés à cette frontière). Elle lui demande ce qu’on peut faire : le certificat de cession ne convient pas, il nous faudrait une autorisation écrite du propriétaire (Aymeric) pour conduire sa voiture mais bien sûr cette autorisation doit être légalisée – signée par un notaire.
Évidemment Aymeric n’est pas là et une copie (impression d’un email par exemple) ne va pas. Le douanier nous donne quand même une solution : Aymeric va à l’Ambassade d’Argentine à Paris, fait légaliser le papier là-bas et nous l’envoie par courrier…

Nous profitons des jours qui suivent dans ce pueblo plutôt joli entouré de falaises rouges. C’est ici – au milieu des canyons rougeâtres rappelant des scènes de westerns américains – que le fameux bandit Billy the Kid et son acolyte Butch Cassidy furent tués par les autorités bolivienne en 1908 lors de leur tentative de faire un énième braquage : l’or destiné à la paye des mineurs.

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Ce dimanche c’est le jour du piéton en Bolivie : pas de voitures – les humains reprennent le contrôle des rues

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Après une semaine Titine commençait à s’ennuyer, il est temps de faire un tour

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Heureusement qu’il y a les lamas sinon on croirait pas qu’on est à 2850m d’altitude

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La formation géologique d’El Sillar

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Du coté de la montagne rouge là-bas : Tupiza

Puis le Tony devient plus lunatique. Mon humeur tourne avec le vent.
Maintenant que Belén est revenue il est temps de penser à la frontière qui nous attend… L’ombre du recalage à la frontière me pèse : je pense également à notre plan d’aller en France.
Dans l’idéal Belén obtient son visa à Buenos Aires, nous décollerons de Foz da Iguaçu au Brésil mais nous devrons passer la frontière brésilienne dans les deux sens (un petit aller-retour) avec la voiture afin de renouveler son permis (celui de la voiture) en Argentine avant de la laisser chez ma famille d’adoption à Misiones… Cela nous permettra d’avoir jusqu’à huit mois en France avant de revenir.
Le plan pour le moment c’est de nous diriger vers la frontière argentine près de Tarija en espérant pouvoir passer comme ça.
Et si ça ne passe pas ?
Et si ça passe ?
Nous aurons peut-être le même problème deux jours avant de décoller pour la France ?
Et là ça serait un problème bien plus grave !
Devons-nous suivre les conseils du douanier et demander une faveur à Aymeric : aller nous faire une autorisation légale à l’ambassade et nous l’envoyer par courrier ?
Aymeric ne sera pas sur Paris avant la semaine prochaine et après il faut compter le temps que la lettre nous parvienne…
A quand un monde sans frontières ?!
En consultant les prix des billets d’avion pour les dates envisagées je me rends compte que tout a déjà augmenté.
Cela rajoute une couche à ma frustration et à mes préoccupations.

Mes problèmes d’humeur seront résolus au moment où nous décidons de suivre les conseils du douanier, de continuer à nous balader en Bolivie en attendant le courrier et de mettre de coté l’histoire du billet d’avion. Nous irons en France quand nous irons en France : quand tous les éléments de notre plan pourront s’emboîter.

En attendant je m’occupe un peu de la voiture : il est grand temps de changer la courroie d’alternateur qui ne va pas tarder à nous lâcher, c’est une bonne idée de remettre de la graisse dans le soufflet de ce cardan avant qu’il ne s’endommage (un cardan ça coûte cher et on n’en trouve pas partout !)…
Je profite d’un temps mort pour me couper les cheveux : je me débarrasse de ce superflu tout comme je balaie mes préoccupations. Un nouveau Tony avec les idées plus claires.

Pendant ce temps là Belén a trouvé l’école des Beaux-Arts de Tupiza où elle va jouer de la guitare, du charango et chanter l’après-midi.

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Les petits compagnons de Bel

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Comme un poisson dans l’eau : feliz !

Jeudi et vendredi les routes sont bloquées pour cause de mouvements sociaux. Ainsi soit-il.
Nous attendrons en compagnie de Maxime et Géraldine, un couple de français qui voyage en Jeep achetée au Chili et qui est allé jusqu’en Equateur. Discussions de voyageurs au programme. La Jeep passe deux jours au garage pour réparations mais samedi matin elle est prête, les routes sont débloquées, ils peuvent repartir.

Nous aussi ! Après deux semaines ici il est grand temps de partir de Tupiza. L’endroit en tout cas est vraiment agréable et tranquille, les gens charmants, le temps splendide mais il faut clôturer l’épisode et “seguir adelante”.
Samedi matin nous partons donc en direction de Tarija.

Tony
Tupiza, Potosi, Bolivia

02/09/2014 – Quatre jours

Quatre jours, quatre jours tout seul où, à vrai dire, je n’ai pas fait grand chose…

Une petite réunion Skype pour un projet à venir, pas mal d’épisodes des Simpsons traduits en mexicain (comme pas mal de choses) : “Comete mis calzones”, “De pelos !”, “Estupendo !”…

Ah si, une chose, une chose quotidienne et immanquable, une chose dont je suis devenu accroc : Api con Pastel !
Depuis que j’ai découvert ce petit plaisir typiquement bolivien, l’heure du goûter c’est l’heure de l’Api accompagné de son Pastelito.
L’Api c’est une boisson à base de maïs rouge-violet “morado”, de citron, de cannelle… Bref, ça ressemble à la Chicha Morada péruvienne (hmmm Pérou… Tu me manques) mais c’est plus épais et c’est servi chaud.
Le Pastel, son fidèle compagnon, c’est une espèce de pâte à beignet qui gonfle de manière démesurée lorsqu’elle est frite et fourrée au fromage – qui fond lors de la manœuvre. Enfin, “fourrée au fromage” c’est un grand mot, la quantité dépendra de la cuisinière et du prix du fromage dans le coin…
Alors voilà, tous les après-midi je me dirige vers le marché du village, je monte à l’étage puis je m’assois en savourant ce petit délice. Je regarde les gens. Je croise souvent les mêmes personnes – des petits vieux qui passent, repassent, s’assoient à mes cotés le temps d’un gouter. Le temps passe…

Tous les soirs je me demande où je vais aller manger avant de me diriger, pris d’un somnambulisme étrange, vers le même petit “restaurant” où je commande sans réfléchir un silpancho à la dame… Je n’ai pas vraiment envie d’un silpancho mais c’est comme ça. Au final je n’ai pas envie d’autre chose, il faut manger, mangeons…
De toute façon ce n’est pas comme si j’avais le choix entre une multitude de plats, nous sommes dans un petit pueblo en Bolivie : la carte des menus n’est pas vraiment étendue.

Il ne faut pas croire que la déprime – ou l’impuissance face à la situation – me gagne. Pas du tout.
Je suis juste en pause : je ne sais pas ce qui se passera avec la voiture à la prochaine frontière mais à la limite je ne m’en préoccupe même pas. Je suis tout seul, il ne se passera rien avant le retour de Belén donc pourquoi y penser maintenant ?

Au final je profite peut-être simplement d’être tout seul un moment ?

Tony
Tupiza, Potosi, Bolivia